Vivant ?

Vivant. Qu’est-ce qui nous fait penser, d‘un simple coup d’oeil, que ce que nous observons est vivant ?

Au premier degré, une perception simple : est vivant, ce qui bouge. Ainsi, le chat touche sa proie d’un bout de patte hésitant, pour voir si elle remue encore. Nous associons donc mouvement et vie.

Mais ce n’est pas tout. Ce qui est vivant est également compliqué. Observons une feuille, une racine, leur complexité nous saute aux yeux.

Un dernier critère pour finir, cette fois il est question de liquides : nous avons du mal à nous figurer la vie sans eau. Ainsi, sommes-nous surpris de voir une graine desséchée, oubliée depuis des années, donner vie à une nouvelle plante verte et vigoureuse.

Mobilité, complexité et humidité. Pourtant, mes fluidiques ne sont pas vivantes. Mais leur contemplation nous captive, car, au fond de nous-mêmes, un doute demeure.

Moi-même, qui, pourtant, sait de quoi elles sont faites, je ne suis pas à l’abri de cette incertitude. En effet, l’oeil collé au viseur, lorsque je guette le meilleur moment pour déclencher, j’ai bien le sentiment d’être à l’affût.

Ce qui n’arrive que lorsqu’on traque le vivant. La chasse, c’est plus excitant que la cueillette.

C’est bien beau, mais le spectateur n’éprouve pas ces sensations. En effet, celui-ci se trouve devant l’image achevée que l’artiste lui propose de regarder… et il se demande ce que ça représente. Mais, ça aussi, c’est excitant.

 

Produire ainsi un loit de devinettes pourraît être plaisant, mais, ici, l’observateur n’est pas motivé par la curiosité ou le jeu. Ce qui attire l’oeil, c’est la beauté de ces formes, et parfois, leur familiarité.