Automatismes

Les automatismes sont la plus belle conquête de la technologie. Ainsi, en photographie, ils soulagent l'opérateur du réglage de l'exposition et de la mise au point : pourquoi pas ?

En pratique, ces automatismes ont été conçus en analysant les conditions de prise de vue les plus courantes, ils sont donc très souvent efficaces... dans des conditions normales, mais nécessitent un contrôle et parfois une petite intervention.

Un exemple simple : les premiers systèmes de mise au point automatique imposaient de placer le sujet au centre de l'image, ce qui n'est pas toujours esthétique. Du coup, il fallait recourir à une petite manoeuvre en deux temps : faire la mise au point au centre et la bloquer en enfonçant le déclencheur, puis revenir au cadrage désiré. À présent, la mesure est faite sur plusieurs zones de l'image... à l'appareil de deviner où se trouve le sujet. Là aussi, on peut corriger : il est possible de choisir manuellement la zone ad hoc.

Ne refusons pas le progrès. Il suffit de reprendre en mains un vieux modèle d'appareil pour comprendre que la vie est devenue plus facile. Ceux qui se sont essayés à la prise de vue avec une chambre grand format me comprendront.

Pourtant, les photographes de ces temps reculés se permettaient de faire des images nettes et bien exposées. Voyons comment...

Qui connaît encore la règle du "magique f/16" ? Rien de plus simple : pour un diaphragme de f/16, au soleil, la vitesse doit être 1/ISO, soit 1/250s pour un film de sensibilité 200 ISO (en ce temps-là, on disait ASA). Cela vous paraît dépassé ? Croyez-vous que le soleil nous éclaire moins, désormais ? Notre atmosphère ne s'est pas encore dégradée à ce point en 200 ans... Reste à adapter ce réglage de base aux conditions de prise de vue.

Pour la mise au point, on appliquait "le principe de l'hyperfocale". Kézako ? Tout simple : quand votre objectif est au repos, mis au point sur l'infini (au taquet de la bague de réglage), tout est net jusqu'à un premier plan H. Cela dépend du réglage, avec un 50mm à f/22, c'est environ 4 mètres. Le "truc", c'est de mettre au point sur cette même distance limite... Magique ! Tout est net de H/2, dans notre exemple de 2m, à l'infini... YAPAMIEUX. Notez, d'après notre règle précédente, dite du f/16, que, pour des sujets mobiles, vous devriez choisir une sensibilité de 400 ISO au soleil pour rester au 1/250s à f/22.

Bien entendu, encore plus net, et encore mieux exposé, c'est idéal. Chaque approximation dégrade le résultat final et plutôt net, ça ne vaut pas parfaitement net, pas plus que suffisamment exposé ne vaut pas parfaitement exposé. Ainsi, si la réputation de la marque Leica tient à aux performances indiscutables de ses optiques, elle la doit également au système de mise au point télémétrique des modèles M, à la fois rapide et précis. D'ailleurs, ceux-ci seuls ont survécu à la révolution numérique (M8, M9), alors que la série R (réflex classique) a disparu.

Que conclure ?

Que tous les moyens sont bons pour faire une bonne photo, mais de préférence les meilleurs... en fonction des circonstances. Oui, quand on est sûr de se trouver dans la plage d'efficacité des automatismes, il ne faut pas s'en priver... Mais, sinon, il faut savoir s'en passer, comme Luke, "trust your feelings and use the Force". Ici, la Force, c'est l'efficacité des bonnes vieilles méthodes de nos maîtres photographes.

Post-scriptum : cela suppose que vous n'utilisez pas un appareil tout automatique, par exemple, votre téléphone !