Au hasard ?

Jetez quelques gouttes d'encre dans un verre d'eau et vous verrez s'épanouir une figure de forme manifestement aléatoire ou, du moins, hautement imprévisible.

Doit-on, pour autant, en déduire que photographier de telles formes est un simple passe-temps, sympathique, mais vain ? Je ne le crois pas, car ce caractère aléatoire reste à démontrer.

Tout d'abord, avec la pratique*, il est possible de produire un certain type de forme, de préférence à un autre. Ensuite, et surtout, le processus consiste à photographier une structure mobile et changeante : ici, le photographe peut parfaitement exercer son libre choix de l'instant décisif.

On pourra néanmoins objecter que ledit processus a lieu dans un intervalle de temps très bref (quelques secondes) et que cela laisse bien peu de temps à la réflexion. C'est parfaitement exact, c'est pourquoi je rapprocherai volontiers cette approche et la pratique de l'écriture automatique, chère aux surréalistes. Il est d'ailleurs troublant de constater les similitudes entre certaines images, ainsi crées, et certaines œuvres de peintres surréalistes.

* Plus ou moins d'encre, lâchée de plus ou moins haut avec plus ou moins de pression : autant d'effets différents.